De l'Antiquité à nos jours
L'histoire de la broderie
La broderie est l’art de réaliser à l’aiguille des applications de motifs ornementaux à l’aide de fils de coton, lin, laine, soie ou métal sur un tissu de fond.
L’art de la broderie est des plus anciens :
Les fouilles en Egypte ont fourni la preuve que la broderie était déjà connue voici 3 000 ans. De même, les Babyloniens, les Phéniciens et les Hébreux connaissaient la broderie. Ils en décoraient
leurs habits et ont transmis ce désir d’acquérir cet art aux princes des peuples et tribus qui les dominaient et avec lesquels ils commerçaient. Les Etrusques ont poussé cet art très loin en
utilisant pour leurs broderies des fils d’or et d’argent.
Brodeuse avec cadre de broderie de forme trapézoïdale. Byzance, vers 1450 avant J.C. Extrait de 125 ans de machines à broder, édition spéciale, automne 1994.
Mis à l’honneur en Egypte, en Asie et en Chine, développé à l’époque byzantine par les gens fortunés pour l’ennoblissement de leurs vêtements, cet art se développa au fil des siècles principalement pour l’ornementation des vêtements sacerdotaux.
La broderie à la main connue son apogée au XIIème siècle. Les broderies étaient réalisées à l’aiguille par la brodeuse. Aucune machine n’était alors capable de reproduire le mouvement de va et vient de l’aiguille dans le tissu. C’est à partir du XIIIème siècle que des perfectionnements techniques vont apparaître.
On commença à broder sur le tambour, métier spécial importé de Chine en Europe, puis en 1825 la machine à coudre fut adaptée pour la broderie. C’est l’invention de la machine à broder découverte par l’Alsacien Heilmann en 1834 qui permit le développement de la broderie mécanique.
Broderie mécanique du vermandois
La région Nord-Picardie possède une tradition textile depuis le Moyen Age. Déjà réputés pour leur tradition de broderie main, le Vermandois et le Saint Quentinois connaissent un essor important grâce à l’arrivée de la broderie mécanique. Hector Basquin est l’introducteur de la broderie mécanique à Saint Quentin.
Les premiers métiers à broder sont des « métiers à bras ». La machine brode sur un tissu tendu verticalement par l’intermédiaire d’une rangée d’aiguilles. Ces aiguilles, véhiculées par un chariot horizontal mû «à la force du bras », sont à chas central, et traversent le tissu par un mouvement alternatif, y construisant une broderie « double face », semblable à celle obtenue à la main. Le déplacement du cadre vertical, et donc du support, est commandé par le mouvement d’un « pantographe », actionné à la main par le brodeur, suivant le dessin de la « carte ».
Métier à pantographe
La fin du XIXème siècle voit l’apparition de nouveaux types de métiers plus perfectionnés, les métiers dits « à fil continu », par lesquels le motif sur le tissu est réalisé par la conjugaison de deux fils : celui des aiguilles et celui des canettes, à l’arrière (tel que sur une machine à coudre). Nouvelle révolution : le pantographe est remplacé par un automate, qui lit les commandes données par une bande perforée du type Jacquard. Avec ces nouveaux procédés arrive l’ère des très grandes fabriques.
Métier à Broder à fils continus
La région de Saint Quentin est vite connue pour la qualité de ses produits. Elle développe une importante clientèle tant française qu’étrangère. A la fin du XIXème siècle, le décompte des machines installées dans la région est de 1 050 métiers à broder à pantographe, 150 métiers à broder à Jacquard automatique, 5 000 métiers à broder à bras. En raison d’un fort développement de cette activité, une pénurie d’ouvriers brodeurs est survenue. De ce fait, quelques familles de brodeurs suisses ont émigré à Saint Quentin, mais cela reste insuffisant pour répondre à la demande. Une école est créée dès 1869 sous l’égide de la Société Industrielle de Saint Quentin. L’enseignement est dirigé par un brodeur de Saint Gall qui va former en 10 ans plus de 1 000 ouvriers brodeurs qualifiés, permettant ainsi l’extension de l’activité.
L’origine du métier à broder dans le Vermandois et le Saint Quentinois
La broderie mécanique est d’origine française. Le premier métier à broder fut inventé vers l’année 1828, par un Mulhousien nommé Heilmann. Il était alors très primitif et encore bien loin du métier perfectionné d’aujourd’hui, quoique construit sur les mêmes données.
En 1863, est inventé le « métier à fil continu ».
Quatre métiers de ce genre sont installés à Saint-Quentin en 1880. Les métiers deviennent de plus en plus grands : 10 yards, puis 15 yards. Puis apparaît le métier automatique, commandé par la
lecture d’une bande perforée. Quelques métiers automatiques fonctionnaient à Saint-Quentin avant la guerre 14-18.
De 1870 à 1875, onze maisons de broderie furent créées à Saint-Quentin, regroupant 250 métiers à bras, dont un certain nombre était déjà exploité par des artisans façonniers.
En 1893 le nombre de métiers employés atteignait 600. A partir de cette date, notamment à la suite des grèves, un mouvement de décentralisation s’opère vers Bohain, Beaurevoir et Montbrehain. Ce mouvement s’accentue en 1908.
Les industriels retrouvent usines et matériels entièrement détruits suite à la guerre 14-18.
En 1919, le premier métier automatique fonctionne de nouveau. Ensuite le nombre des métiers s’est considérablement développé.
En 1949, 107 métiers automatiques fonctionnaient dans l’arrondissement de Saint-Quentin. La grande région de fabrication de la broderie en France est restée celle du triangle constitué par Saint-Quentin, Villers-Outréaux et Caudry.
Broderies
Paux-Carpentier